Prière avant un entretien d'embauche : les vingt minutes

Une prière avant un entretien d'embauche ne négocie pas le résultat. Elle demande d'entrer entier dans une pièce où l'on sera jugé sur peu.

Publié le

Il y a un endroit très reconnaissable : un couloir, une salle d’attente, une voiture garée dix minutes trop tôt. On a relu ses notes, on ne peut plus rien relire. Le téléphone ne sert plus à rien. Il reste vingt minutes, et ces vingt minutes sont longues d’une façon qu’aucune autre attente ne connaît.

C’est précisément là qu’une prière avant un entretien d’embauche a quelque chose à faire. Pas la veille, quand on prépare encore. Là, quand il n’y a plus rien à préparer.

Ce qu’on peut demander dans le couloir

Le trac fait une chose curieuse : il rétrécit. Une demi-heure avant, on ne pense plus à ce qu’on sait faire, on pense à ce qu’on va rater. La mémoire se resserre autour de trois questions redoutées. Le corps s’y met — la bouche sèche, les mains, la voix qui monte d’un demi-ton.

Une prière ne dissout pas cela, et il vaut mieux ne pas le lui demander. Ce qu’elle peut faire est plus modeste et plus utile : elle rend présent. Elle te ramène dans la pièce où tu es, avec ce que tu es réellement venu dire.

Trois demandes suffisent. Être là — écouter la question posée plutôt que celle qu’on redoutait. Dire vrai — ne pas gonfler, ne pas se rabaisser non plus, ce qui est l’erreur la plus fréquente. Rester entier — sortir de cette pièce sans avoir remis à un jury le soin de décider ce qu’on vaut.

Rien là-dedans ne concerne le résultat. C’est volontaire. Une prière qui ne demande que le poste te laisse les mains vides deux fois : si c’est non, elle n’a servi à rien ; si c’est oui, elle t’a appris à traiter Dieu comme un recruteur de plus.

Une prière avant un entretien

Voici une prière écrite pour cette page, assez courte pour être dite debout, sans notes.

Seigneur, dans quelques minutes j’entre, et je ne maîtrise presque rien. Tu sais ce que je vaux mieux que je ne saurai le dire. Donne-moi d’écouter avant de répondre, de dire vrai sans me vendre, et de ne pas mendier leur estime. Ceux qui vont me recevoir, bénis-les — ils décident d’une part de ma vie sans le savoir. Et quoi qu’ils décident, garde-moi debout à la sortie.

La quatrième ligne est celle qui coûte. Bénir ceux qui vont te juger change la géométrie de la pièce : ils cessent d’être un tribunal pour redevenir des gens, souvent fatigués, qui ont un poste à pourvoir et une décision difficile à prendre. On entre autrement.

« Je serai avec ta bouche »

Il existe dans la Bible un homme qui a plaidé pour ne pas y aller. Moïse est envoyé parler devant le pharaon, et il répond en substance qu’il n’est pas doué pour ça, qu’il bafouille, qu’on devrait envoyer quelqu’un d’autre. Ce n’est pas de l’humilité de façade : il a peur de sa propre parole.

Va donc, je serai avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu auras à dire.

— Exode 4.12 (Segond 1910)

La réponse ne dit pas « tu es meilleur que tu ne crois ». Elle ne corrige pas l’estime de soi. Elle déplace la question : ce n’est plus seulement ta bouche. Quelqu’un y sera aussi.

Cela ne dispense évidemment pas de préparer l’entretien, comme la prière pour trouver un travail ne dispense pas d’envoyer des candidatures. Mais cela retire à la performance son caractère de jugement dernier. Tu vas parler ; tu ne parles pas seul.

Ce qu’un jury voit, et ce qu’il ne voit pas

Et puis il y a l’après. La porte se referme, tu refais l’entretien dans ta tête pendant tout le trajet du retour, tu trouves enfin la bonne réponse à la question de la vingtième minute. Ce moment-là mérite lui aussi une prière, parce que c’est là que la valeur personnelle se met à glisser.

L’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur.

— 1 Samuel 16.7 (Segond 1910)

La phrase est dite à Samuel, chargé de reconnaître un roi parmi les fils d’un berger, et qui s’apprête à choisir le plus grand et le plus beau. Elle n’accuse pas les hommes de mal juger par méchanceté. Elle constate une limite : on juge sur ce qu’on voit, et on ne voit pas grand-chose.

Un entretien, c’est une heure. Une heure pour évaluer quelqu’un qui a travaillé dix ans. Le recruteur le sait ; il fait ce qu’il peut avec ce qui lui est visible. Comprendre cela ne rend pas le refus indolore, mais cela l’empêche de devenir un verdict sur ta personne. Ce qui a été refusé, c’est une candidature vue de l’extérieur pendant soixante minutes.

Une piste concrète, une seule. Décide à l’avance de la première chose que tu feras en sortant — marcher jusqu’à un endroit précis, appeler quelqu’un, boire un café assis. Fais-la quoi qu’il arrive, même si tu es certain d’avoir échoué. Ce geste ferme l’entretien. Sans lui, il continue toute la soirée, et la paix intérieure n’a aucune chance de revenir avant la nuit.

Tu auras dit ce que tu as pu dire. C’est déjà tout ce qui t’était demandé.

Questions fréquentes

Que prier juste avant un entretien d'embauche ?

Une prière courte, qui tient dans le temps réel dont tu disposes — deux minutes assis dans un couloir. Demande trois choses : d'être présent, de dire vrai, et de ne pas confondre l'issue de l'entretien avec ta valeur. Ne demande pas le poste comme on réclame un dû ; demande de le recevoir s'il t'est donné, et de partir entier s'il ne l'est pas.

Peut-on prier pour réussir un entretien ?

Oui, et il n'y a rien d'indigne à désirer réussir. Mais une prière qui ne demande que le résultat te laisse sans rien le jour où le résultat est non. Demande d'abord ce qui dépend de toi et que le trac te retire : la clarté, le calme, la justesse de ce que tu diras. Le reste, remets-le sans le marchander.

Quelle prière contre le stress avant un entretien ?

La plus utile est la plus brève, dite en respirant lentement, une main posée à plat. Le trac n'est pas un manque de foi : c'est un corps qui se prépare. La prière ne le fait pas taire, elle lui donne quelqu'un à qui parler. Nomme ce que tu redoutes exactement — trou de mémoire, question sur un trou dans ton parcours, voix qui tremble — et remets-le.

Quel verset lire avant un entretien d'embauche ?

« Va donc, je serai avec ta bouche, et je t'enseignerai ce que tu auras à dire » (Exode 4.12, Segond 1910), dit à un homme qui se trouvait mauvais orateur. Et, pour après l'entretien, « l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur » (1 Samuel 16.7) : un jury voit une heure de toi, pas toi.