Élisabeth de Schönau
v. 1129-1164 XIIᵉ siècle
Parler quand on aurait préféré se taire.
Qui était Élisabeth de Schönau ?
Bénédictine de Schönau, dans le diocèse de Trèves, entrée au monastère enfant, elle reçoit ses premières visions en 1152, à vingt-trois ans, au milieu de maladies qui la laissaient parfois sans l'usage d'aucun membre sauf la langue. Son frère Ekbert, venu de Bonn se faire moine près d'elle, a mis par écrit ce qu'elle disait, laissant en latin ce qui venait en latin, traduisant ce qui venait en allemand. Elle a longtemps caché ce qu'elle voyait, par peur de passer pour une faiseuse de nouveautés.
Ses citations
Je comprends qu'il m'est dangereux de taire les grandes œuvres de Dieu, et je redoute qu'il soit plus dangereux encore d'en parler. Je me sais trop peu de discernement pour distinguer ce qu'il convient de dire, parmi ce qui m'est révélé, et ce qu'il faut au contraire honorer par le silence. Et voici qu'entre tout cela je suis placée en danger de faillir.
Souvent j'étais accablée d'une telle langueur que je n'avais plus l'usage d'aucun membre, hormis la langue ; je n'en restais pas moins assidue à ruminer les psaumes. Et quand la paralysie m'eut retiré aussi la langue, j'ai suppléé par l'esprit à l'office de la langue.
Ta grâce me suffit, Seigneur ; épargne ma faiblesse et relâche pour moi cette clarté trop grande, car je ne suis pas capable de la soutenir.
Pour éviter l'arrogance, et pour ne pas passer pour une faiseuse de nouveautés, je me suis appliquée à cacher tout cela autant que j'ai pu. Alors l'ange du Seigneur s'est tenu devant moi et m'a dit : Pourquoi caches-tu l'or dans la boue ? C'est la parole de Dieu, envoyée sur la terre par ta bouche, non pour être cachée, mais pour être manifestée à la louange et à la gloire de notre Seigneur et pour le salut de son peuple.