Madre Castillo
1671-1742 XVIIIᵉ siècle
Faire de l'amertume un nid où l'on peut habiter.
Qui était Madre Castillo ?
Clarisse du couvent royal de Sainte-Claire de Tunja, en Nouvelle-Grenade, elle y fut trois fois abbesse, après avoir été maîtresse des novices, sacristine, portière et infirmière. Ses confesseurs lui ont ordonné d'écrire : elle a laissé une autobiographie et près de deux cents Afectos espirituales, la grande écriture mystique de l'Amérique coloniale. Elle y parle surtout de la sécheresse, de l'abandon et de la nuit.
Ses citations
Dans l'amertume la plus amère j'aurai la paix, et dans l'amertume j'habiterai ; j'en ferai un nid de repos, et dans ce nid qui est le mien, je mourrai à moi-même pour vivre et revivre de ta chaleur, qui ne se refuse à personne, qui regarde ce qui est humble, et relève le pauvre de son fumier.
J'ai oublié de manger mon pain de douleur, et ma force s'est desséchée comme une tuile. Je suis montée au ciel en m'appuyant sur des pieds d'argile, et ta vérité les ayant frappés, je suis descendue jusqu'à l'abîme de ma confusion et de ma misère.
Qu'importent les ténèbres de la nuit, quand vous êtes ma gloire, ma lumière dans mes ténèbres ? Cette nuit est mon illumination.
Je vous demande, mon père, puisque avec la faveur de Notre Seigneur je me suis tant vaincue et que j'ai traversé tant de tribulations à écrire ceci et à vous rendre compte de toute ma vie, de la bien regarder, elle et les pas que fait mon âme, afin qu'elle ne se perde pas.