Tiyo Soga

1829-1871 XIXᵉ siècle

Rester droit entre deux mondes qui vous réclament chacun entier.

Qui était Tiyo Soga ?

Fils d'un conseiller du chef xhosa Ngqika, il étudie à Glasgow et devient en 1856 le premier Sud-Africain noir ordonné pasteur. Il traduit en xhosa le Voyage du pèlerin, écrit des hymnes, fonde des missions sur la Tyhume puis la Mgwali, et tient un journal où se lit un homme partagé entre deux mondes, marié à une Écossaise, contesté des deux côtés, souvent découragé. Il est mort de tuberculose à quarante-deux ans.

Ses citations

Ma foi dans la civilisation seule, si elle ne marche pas dans le sillage du christianisme, est morte. La civilisation d'hommes civilisés qui ne se soucient de rien et ne font rien pour l'amélioration morale, physique et intellectuelle des hommes ignorants des pays barbares avec lesquels ils entrent en contact est destructrice.

Cité par J. A. Chalmers, Tiyo Soga: A Page of South African Mission Work, 1877, p. 288 (reproche adressé aux colons britanniques, dont Soga dénonce la prétention civilisatrice)

Il n'est guère de lieu ni de situation où ne surviennent des incidents qui nous rappellent de façon frappante que nous n'avons pas ici de cité permanente, et qu'au milieu de la vie nous sommes au milieu de la mort. L'ombre noire de la mort, comme l'ombre de nos propres corps, nous suit où que nous allions.

Journal, dimanche 3 mai 1857 (éd. Donovan Williams, 1983)

J'ai parfois de grands regrets d'être jamais allé en Écosse et d'être entré dans le ministère. Non pas seulement pour ses épreuves ici, mais pour ses responsabilités solennelles.

Lettre de 1862 (éd. Donovan Williams, 1983)

Il est tout à fait aussi bon et aussi pur que celui qui coule dans les veines de mes frères au teint plus clair.

« L'héritage de mes enfants », du sang africain dont il leur dit de n'avoir jamais honte, cité par J. A. Chalmers, 1877, p. 430