Prière après une opération : les jours d'après

L'opération est passée, les jours d'après sont lents. Une prière après une opération, pour la convalescence, la fatigue et le merci qui tarde.

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On se réveille, et c’est fait. Quelqu’un dit que tout s’est bien passé, ou dit autre chose, et de toute façon on n’entend qu’à moitié. Pendant des semaines, la prière avait une date. Elle s’organisait autour d’un jour, d’une heure, d’une porte à passer. Et puis la porte est derrière.

Ce qui commence alors ne ressemble à rien de ce qu’on avait préparé. Les jours d’après sont lents, flous, découpés par les soins et les siestes. On est soulagé et épuisé à la fois. Le corps, qui a été ouvert, décide de son propre rythme, et il ne demande l’avis de personne.

Et la prière, souvent, ne sait plus quoi dire. Elle avait une demande, et la demande est passée.

Le psaume qui se parle à lui-même

Il existe un psaume écrit exactement depuis cet endroit : le psaume 116. Son auteur revient de loin. Il le dit sans détour : « Les liens de la mort m’avaient environné, Et les angoisses du sépulcre m’avaient saisi » (Psaume 116.3). C’est fini, maintenant. Et voici ce qu’il fait, une fois de l’autre côté :

Mon âme, retourne à ton repos, Car l’Éternel t’a fait du bien. Oui, tu as délivré mon âme de la mort, Mes yeux des larmes, Mes pieds de la chute.

Psaume 116.7-8 (Segond 1910)

Regarde à qui il parle. Pas à Dieu d’abord : à sa propre âme. Les psaumes le font quelquefois (le 42, le 103), et c’est toujours saisissant. Ici, ce qu’il se dit est une permission. Retourne à ton repos. Comme si l’âme, pendant le danger, avait quitté sa place, et qu’elle ne savait pas toute seule que c’était fini.

C’est ce qui arrive après une opération. Le corps est tiré d’affaire, mais quelque chose en nous reste en alerte : guette la douleur, interprète chaque sensation, refait la nuit d’avant. La prière des jours d’après commence peut-être là. Pas par une nouvelle demande. Par une phrase qu’on se dit à soi, devant Dieu : tu peux te reposer, maintenant.

Et le verset suivant ne parle pas de courir. Il dit : « Je marcherai devant l’Éternel, Sur la terre des vivants » (Psaume 116.9). Marcher, au futur. Les premiers pas dans le couloir, la main sur la rampe, appartiennent à ce verset-là.

Une prière pour les jours d’après

Voici une prière écrite pour cette page. Elle est faite pour être dite au lit, dans un fauteuil, entre deux soins, sans avoir besoin d’être dite d’un trait.

Seigneur, c’est passé, et je n’ai plus la force de grand-chose. Merci d’être là de ce côté-ci aussi. Apprends à mon corps à guérir à son rythme, et apprends-moi à ne pas le presser. Calme ce qui guette encore en moi, comme si la nuit d’avant n’était pas finie. Bénis les mains qui ont pris soin de moi, celles que je n’ai pas vues. Et pour chaque pas que je referai, donne-moi de le faire devant Toi.

Tu n’as pas besoin de la dire tous les jours en entier. Une ligne suffit, celle qui correspond à la journée.

Le merci qui ne vient pas tout seul

On s’attend à être plein de gratitude, et on découvre qu’on est surtout fatigué. La reconnaissance est là, quelque part, mais elle n’a pas d’énergie. On s’en veut presque.

Le psaume 116 connaît cette question. Il la pose : « Comment rendrai-je à l’Éternel Tous ses bienfaits envers moi ? » (Psaume 116.12). Et sa réponse est étonnamment légère : « J’élèverai la coupe des délivrances, Et j’invoquerai le nom de l’Éternel » (116.13). Pas de grand geste, pas de dette à rembourser. Lever une coupe, c’est encore recevoir. Le merci de convalescence ressemble à ça : continuer à prendre ce qui est donné, et dire le nom de celui qui le donne. Le reste viendra, ou pas, quand les forces reviendront. Pour un merci plus construit, il y a la prière de gratitude, qui attendra que tu en aies l’envie.

Quand l’après ne ressemble pas à ce qu’on espérait

Tous les jours d’après ne sont pas des jours de soulagement. Il y a les complications, les résultats qu’on attend encore, la douleur qui dure plus longtemps qu’annoncé.

Le même psaume qui remercie a gardé, deux versets plus loin, une phrase qu’il aurait pu effacer : « J’avais confiance, lorsque je disais : Je suis bien malheureux » (Psaume 116.10). Les deux tiennent ensemble dans la même bouche. Tu peux dire que c’est long, que ça fait mal, que tu pensais aller mieux plus vite, et rester dans la prière. Si une nouvelle étape médicale arrive, le sacrement des malades n’est pas réservé à la fin : il peut se recevoir à ces seuils-là aussi.

Ce que la convalescence a déjà donné

Il y a un précédent célèbre à des semaines d’immobilité forcée. Ignace de Loyola était soldat quand un boulet lui brisa la jambe au siège de Pampelune, en 1521. Il passa une longue convalescence dans la maison familiale. Dans le récit qu’il en dicta plus tard, il raconte avoir demandé des romans de chevalerie pour passer le temps, et qu’il n’y en avait pas : on lui donna une vie du Christ et des vies de saints. C’est en lisant, couché, qu’il remarqua que certaines pensées le laissaient sec et triste après coup, et d’autres apaisé. C’est là, dans un lit, qu’a commencé ce qui deviendrait sa manière de discerner.

Ce n’est pas une promesse : personne ne sort de convalescence obligé d’avoir vécu une conversion. Mais c’est un rappel. Le temps lent n’est pas du temps perdu, et ce qui s’y voit ne se voit souvent nulle part ailleurs. Julienne de Norwich, qui avait frôlé la mort à trente ans, a médité vingt ans ce qu’elle avait reçu à ce seuil-là. Les jours d’après peuvent durer longtemps.

Une piste pour ces jours-là

Chaque soir, écris une seule ligne : ce que tu as pu faire aujourd’hui que tu ne pouvais pas faire hier. Aller jusqu’à la fenêtre. Te lever sans aide. Lire trois pages. Rien de plus.

Au bout d’une semaine, relis. Tu verras ce que la fatigue cache au jour le jour : que tu avances. C’est la forme la plus simple d’un carnet de prière, et c’est la suite de ce que proposait la prière avant une opération : garder une trace, pour savoir ce qu’on a demandé et ce qu’on a reçu.

La prière d’après n’a pas besoin d’être longue. Elle a besoin de te laisser revenir à ton repos.

Questions fréquentes

Quelle prière dire après une opération ?

Une prière courte, qui n'a plus besoin de demander l'issue puisqu'elle est passée. Dis ce qui est là : le soulagement, la fatigue, la douleur qui reste. Le psaume 116 prête une phrase toute faite pour ces jours-là : « Mon âme, retourne à ton repos, car l'Éternel t'a fait du bien. »

Comment remercier Dieu après une opération réussie ?

Simplement, et sans attendre d'avoir l'énergie d'un grand merci. Le psaume 116 se demande « Comment rendrai-je à l'Éternel tous ses bienfaits ? » et répond en levant une coupe : remercier, c'est d'abord continuer de recevoir. Un mot par jour suffit.

Comment prier quand la convalescence est longue ou se passe mal ?

En gardant les phrases dures dans la prière au lieu de les cacher. Le même psaume qui remercie a gardé « Je suis bien malheureux » (Psaume 116.10). Une prière d'après n'a pas à être une prière de victoire : elle peut dire que c'est long, que ça fait mal, et rester une prière.

Peut-on prier quand on est trop fatigué pour se concentrer ?

Oui. La fatigue d'après une anesthésie défait souvent la concentration pendant des jours. Choisis une seule ligne et redis-la, ou laisse quelqu'un prier à ta place. Être là, même à moitié, compte déjà.