Úrsula de Jesús

1604-1666 XVIIᵉ siècle

Ce que voit celle qui sert, et qu'on n'a jamais pensé à lui demander.

Qui était Úrsula de Jesús ?

Née esclave à Lima, donnée à treize ans au couvent des clarisses de Santa Clara pour y servir une religieuse : vingt-huit ans de lessive, de cuisine et de corvées, sans un moment à soi. Une moniale a payé sa liberté en 1645 ; elle est restée dans la maison comme donada, voile noir sans être moniale, et son confesseur lui a fait tenir un journal à partir de 1650. Elle y note ses visions, ses agacements, et ce qu'elle pense de la manière dont on traite les femmes noires derrière ces murs.

Ses citations

Les étouffements qui me sont venus furent si nombreux : les unes et les autres m'envoyaient leur cuisiner ceci, leur faire cela, et puis le couvent, qui suffit à occuper tout ; et comme je vais avec le désir d'aller là où est le Seigneur, ces choses-là m'ôtent le peu de temps qui me reste. Ce fut pour moi un jour très pénible.

Journal spirituel, Lima, 1650-1661

Que le corps travaille : lui a toujours travaillé. Que, lorsque je travaillerais debout, je pense à quand on le tenait debout, quand il souffrait ; que, lorsque je travaillerais assise, je pense à quand on l'a fait asseoir sur ce petit banc. Je ne sais pas ce que c'est, Dieu le sait.

Journal spirituel, Lima, 1650-1661

Celui qui n'imitait pas notre seigneur Jésus-Christ en quelques-unes de ses vertus ne pouvait être son fils ni son disciple : son humilité, sa douceur, sa patience, son obéissance, sa pauvreté.

Journal spirituel, Lima, 1650-1661